Dernier discours du président Z’tac Arta
wa ammmma baâd, Chères compatriotes, Chers compatriotes;Cette année 2007 porte en elle des promesses fabuleuses. Que de défis nous attendent dans les mois, voire les jours qui viennent. j’ai confiance en notre détermination commune, et je suis certain que nous seront à la hauteur des attentes de ceux qui attendent. Ensemble, la main dans la main, nous construirons notre avenir. Un avenir que je pressens radieux pour nous tous, sans exclusion aucune, quelle que soit la couleur de notre peau, quelle que soit notre religion, quelle que soit notre culture. Nous allons tous être touchés par la grâce des radiations qui nous élèveront vers les sphères célestes, auprès de la radiation suprême, la bombe originelle. Chères compatriotes, chers compadre;une aire nouvelle s’ouvre à nous. l’arme nucléaire va nous permettre de retourner là où nous étions, remettre les compteurs à zéro, la grande roue de la vie va atteindre son point de départ. et nous allons tout pouvoir recommencer depuis le début. nous redeviendrons des têtards et nous nagerons dans les eaux limpides des lacs préhistoriques…(le discours s’est interrompu, le Président Z’tac Artac ayant fait l’objet d’un attentat au pétard mouillé lors de son allocution)
Suite (mais pas fin) des aventures extraordinaires du Président z’tac Artac
Suite à cet incident majeur dans la vie politique du pays, le Président a été évacué d’urgence vers un hôtpital militaire situé dans l’une des grandes capitales de la région du froid déclinant. Bien qu’étant sorti indemne de l’attentat, le Président a perdu l’usage de la parole. Quant au terroriste, il a été vite maîtrisé par les services de sécurité, bâillonné et conduit sur-le-champ devant le peloton d’exécution, suite à une fatwa-éclair de l’un des plus proches collaborateurs du Président, qui s’est basée sur un imperceptible mouvement de lèvres du chef de l’état pour faire jurisprudence. Mise au courant par un vieil espion rouillé qui passait par là, l’affaire tenue secrète jusqu’ici a éclaté au grand jour. Une importante organisation internationale de défense des droits de l’homme a ainsi demandé audience auprès de Raïs afin d’obtenir la grâce du terroriste. Furieux de cette audacieuse démarche, le Président a fait de grands gestes désordonnés avant d’immortaliser un cinglant bras d’honneur devant les camérs du monde entier, suscitant l’indignation au G8 qui se tenait au même moment sous la houlette du Président Abush sur une plate-forme d’extraction de pétrole, quelque part en mer caspienne.
Le terroriste répondait au nom de guerre de F’latouche Mamitouche. Il vivait reclus depuis des mois dans une petite baraque déglinguée, dans la banlieue d’une banlieue lugubre.
Lettre de F’latouche au Président Z’tac Artac
Un jour qu’il était en train de lire un livre obscur sur l’élasticité de l’univers, dans son séjour (qui lui servait aussi de cuisine, de salle de bain, de chambre à coucher, de toilettes, de jardin, etc. ), un vent suspect s’est glissé jusqu’à ses oreilles pour lui murmurer des choses hautement louches. A peine remis de ses émotions, il décida d’écrire une lettre au président Z’tac Artac pour le prévenir d’un danger imminent qui le guettait : Cher brisidène ;Tu m’ croira pa si je tel disé, mi j’te l’di con mêmeJ’ai eu von que tu es menaci d’un danger si grâve que ti ne peu même pa imagini. Oui oui, un grand dangi ! Don quelques jours, quelqu’un quelque part va essayé de te tué, car il ya di jon qui te trouve tri michant. Moi je taime boucou wallah, même que je vot pour toi depuis 20 ans. Alors surveille toi mon cher brisidène. Si je peux rondre service appel moi : 0297454745547. si le niméro de la voisine de l’ami de mon cousin, qui habite à weguennouni. T’inquiète pas brisidène, le missage m’arrivera grasse à la bouche dans l’oreille. PS : sil te pli brisidène, ess que ti peu midi pour mon dossié logement AADL que jé déposé il ya 10 ans, et ess que ti peu idi mon cousin Kouroucou pour le permis (il a pa l’arjon pour lachté) ?Je taime brisidène Les services de sécurité de la présidence, croyant à une plaisanterie de mauvais goût, ont froissé cette lettre en boule et joué à la baballe avec, dans l’arrière-cour de la cantine présidentielle, à l’heure de la sieste. Incident (en la) mineur au G8 Plate forme pétrolière quelque part en mer Caspienne. Poissons flottant inertes à la surface des eaux baveuses. Enormes barres de fer courant dans tous les sens de la boussole. crasse huile, crasse huile, crasse huile. Nuages gonflés à bloc cheminant tristement vers des lendemains sans éclat. Soleil terne, taciturne, honteux, inutile, sur le point de prendre la tangente pour des cieux plus cléments. La traditionnelle photo du G8 prise (par devant, par derrière, les deux profils, plongée, contre-plongée, contre-contre-plongée,…), le président Abush prend son homologue blairo en aparté pour lui parler du cas Z’tac Artac. -Faut qu’il arrête son bordel, grogne-t-il dans un postillon de puissance 8, côté en bourse, un chewing-gum usé coincé entre les dents depuis l’avant avant dernier 29 février. Blairo, joues subitement rougies, cheveux brutalement dressés sur la tête, oreilles tirant vers un mauve de macchabée : -Nous sommes toujours à l’antenne Mister President. Surgie de nulle part, une touffe de journalistes s’excite devant les deux hommes. Forêt compacte de Perches, de caméras, de micros, d’appareils photos. Questions en rafales. Indignations multiformes dans toutes les langues reconnues par l’Onu. Abush, les joues rouges à son tour, savant mélange de Jack-Daniels et de honte feinte, bafouille quelque chose d’incompréhensible, regarde un moment ses souliers ramenés d’Italie en vol spécial, puis invite tout le monde à la collation. Explosion de joies, courses-poursuites vers le banquet (celui qui arrive en dernier est un blaireau qui suce les abush des zèbres sans rayures), glissades joviales sur les flaques d’huiles. Cris de victoire, râles de défaite.
L’incident passera en boucle dans les bêtisiers de toutes les chaînes du monde, tard le soir, entre la météo et le documentaire animalier.
